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CNPS : pour une transparence de l'État sur les stocks de masques




retrouvez cet article sur le site du CNPS


Les professionnels de santé libéraux réclament une transparence totale sur les stocks de masques de l’État


Les professionnels de santé libéraux, à travers le CNPS, la FFPS et la FHP dénonçaient le 18 mars 2020 le "rationnement" et le manque de masques ne permettant pas d’assurer la sécurité des soignants. Ils enjoignent les professionnels de santé ayant suspendu leur activité et les maires ayant reçu des masques à les transférer aux soignants et "réclament des pouvoirs publics l’instauration d’une politique de transparence totale sur la réalité de l’état du stock de masques de l’État, les prévisions de production et les dates précises auxquelles les prochaines distributions pourront avoir lieu."


Les professionnels de santé libéraux dénoncent le rationnement et exigent une transparence totale sur la réalité des stocks de masque.

Si les professionnels de santé libéraux, à travers le CNPS (Centre national des professionnels de santé), la FFPS (Fédération française des praticiens de santé), et la FHP (Fédération de l’hospitalisation privée) ont constaté que les masques du stock de l’État qui devaient être acheminés dès mardi soir dans les zones les plus touchées par l’épidémie (25 départements), puis hier dans les autres départements, ont bien été livrés. Et que les pharmacies d’officine font le relais pour les distribuer aux professionnels de santé.


Transparence totale sur les stocks

Ils déplorent cependant que "les quantités annoncées ne [soient] pas au rendez-vous". Et indiquent que "la Cnam a fait parvenir des consignes de distribution aux pharmaciens afin d’organiser le rationnement en direction des professionnels de santé libéraux les plus prioritaires."

Ils réclament "des pouvoirs publics l’instauration d’une politique de transparence totale sur la réalité de l’état du stock de masques de l’État, les prévisions de production et les dates précises auxquelles les prochaines distributions pourront avoir lieu."

transférer le matériel aux premières lignes

Le CNPS et la FFPS "appellent et remercient tous les professionnels de santé qui ont suspendu leur activité d’apporter leur matériel de protection aux soignants de première ligne ; médecins et infirmières" ainsi que les maires à "transférer de toute urgence aux professionnels de santé libéraux de leur commune, le matériel de protection et de désinfection qu’ils avaient reçu" pour les élections municipales. "C’est d’une urgence absolue !" alertent-ils après avoir réuni une web-cellule de crise ce mercredi midi afin de faire le point sur la distribution des masques annoncée lundi soir par le président de la République.


Pour les zones de cluster. Pour les médecins généralistes et IDE, ainsi que les médecins spécialistes, le communiqué précise qu’il s’agit de "18 masques par semaine et par professionnel, chirurgicaux ou aux normes FFP2 selon les indications et les disponibilités, et le choix du professionnel." Pour les pharmaciens, "18 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel."

Pour les masseurs-kinésithérapeutes, "6 masques par semaine et par professionnel, chirurgicaux ou aux normes FFP2 selon les indications et les disponibilités, pour la réalisation des actes prioritaires et non reportables." Pour les chirurgiens-dentistes, "une officine sera désignée prochainement dans chaque département pour délivrer les masques pour ces professionnels, leur permettant d’assurer les soins les plus urgents."

Les sages-femmes pourront disposer de "6 masques chirurgicaux par semaine pour prendre en charge les femmes confirmées COVID-19" et les services d’aide et de soins à domicile "9 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel exerçant au sein de la structure pour assurer les visites prioritaires."

Enfin, les prestataires de services et distributeurs de matériel auront "une boîte de masques chirurgicaux par semaine et par entreprise pour assurer les visites prioritaires, notamment lors d’intervention chez des patients sous chimiothérapie, nutrition parentérale."


Sur le reste du territoire national. Les médecins généralistes, IDE et pharmaciens recevront "18 masques par semaine et par professionnel. Pas de distribution à d’autres professionnels", indique le communiqué, qui conclut que "concrètement, le compte n’y est pas et c’est un rationnement qui est instauré, dont l’exécution est transférée aux pharmaciens d’officine."

déprogrammations : 4 000 lits libérés

"Dans les zones où l’épidémie est la plus virulente, la distribution a commencé et, dans le reste de la France, elle va débuter", affirme le communiqué. "Face à la pénurie de matériel de protection, le CNPS et la FFPS demandent aux professionnels de santé libéraux de comprendre que les pharmaciens d’officine sont tenus de respecter strictement les consignes de l’État et de l’Assurance maladie concernant les modalités de distribution des masques."

La FHP, pour sa part, "vient de déprogrammer 100 000 interventions dans les blocs opératoires de ses hôpitaux et cliniques. Ainsi 4 000 lits de soins critiques (surveillance continue, soins intensifs et réanimation) sont mis à disposition par l’hospitalisation privée pour la prise en charge des patients atteints du coronavirus. Mais encore faut-il pouvoir disposer de matériel de protection ! La FHP réclame que les stocks débloqués ne passent pas par les GHT et les CHU, comme c’est le cas actuellement, mais arrivent directement dans les établissements".


Pas de remerciement, mais des masques

Enfin, les libéraux de santé "attirent l’attention sur les phénomènes d’incivilité dont ils sont l’objet (vols, attaques de véhicules et agressions) en raison du matériel qu’ils transportent. Les pouvoirs publics doivent prendre toutes les mesures utiles à leur protection afin de ne pas ajouter l’insécurité au risque qui existe déjà pour la santé de soignants", demandent-ils.

Ils rappellent "que si les professionnels de santé sont contaminés, il ne sera plus possible de soigner." Ils indiquent n’avoir pas donc "besoin de remerciements mais de moyens pour assurer leurs missions dans des conditions de sécurité maximale pour vaincre cette épidémie", et demandent, en clair, transparence et sécurité.